Je crois qu’il est temps de guérir
Un slam sur la guérison des vieilles blessures, et sur le fait de se souvenir qu’on a toujours été entier.
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Je crois qu’il est temps pour toi de guérir.
Sinon, tu te réveilleras un matin pour découvrir que tout autour de toi a changé, pendant que tu étais occupé à entretenir une blessure qui t’a peu à peu tout volé.
Et je ne parle pas seulement des chagrins d’amour.
Je parle de ces souvenirs qui savent encore te faire pleurer. De ces paroles prononcées il y a des années, mais qui, étrangement, continuent de résonner dans ta tête.
De cette enfance dont tu n’as jamais vraiment pu profiter. De ces personnes qui t’ont blessé. De ces excuses qui ne sont jamais venues. De ces scènes auxquelles tu as assisté et que tu voudrais tant pouvoir effacer de ta mémoire.
Tu vois,
Les traumatismes entretiennent une étrange relation avec le temps.
Ils peuvent faire d’un souvenir vieux de dix ans une douleur aussi vive que celle d’hier.
Ils peuvent ramener un adulte à la peur du petit enfant qu’il était, au simple son d’une voix familière.
Et parfois, ceux qui nous ont fait du mal continuent tranquillement leur chemin, pendant que nous restons prisonniers d’instants qu’ils ont depuis longtemps oubliés.
Et n’est-ce pas cruel ?
De continuer à purger une peine pour un crime que l’on n’a jamais commis.
De porter le poids d’une souffrance que l’on n’a jamais méritée.
Mais écoute,
Guérir ne veut pas dire oublier. Ce n’est pas pardonner avant d’y être prêt, ni faire semblant que la blessure n’a jamais existé.
C’est apprendre à laisser son passé faire partie de son histoire, sans lui permettre d’écrire tous les chapitres qui restent à venir.
Et je sais, guérir n’est pas facile.
Certaines blessures demandent bien plus que du temps et de belles paroles.
Certaines cicatrices mettent des années avant qu’on puisse les effleurer sans réveiller la douleur.
Alors prends ton temps.
Mais je t’en prie, n’oublie pas de vivre.
Ne laisse pas le petit enfant blessé d’autrefois devenir la seule version de toi-même que tu apprendras à connaître.
Il reste encore des endroits à découvrir, des personnes à rencontrer, des fleurs dont respirer le parfum, et des matins qui méritent de laisser en toi d’autres souvenirs que les douleurs d’hier.
Car j’espère qu’un jour, en regardant le chemin parcouru, tu comprendras que ce qui t’est arrivé n’a jamais résumé tout ce que tu es.
Tu étais une personne à part entière avant que le monde ne te blesse.
Et tu l’es toujours, même dans ces parties de toi qui n’ont pas encore guéri.
Rachel Veronica
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